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Saint Léonard

On ne connait pas l'origine de cette statue. Elle appara√ģt sur des photos du d√©but du 20√®me si√®cle.¬† Les parents de nos anciens la connaissaient d√©j√†.

Elle est placée dans une niche de l'immeuble 23 rue d'Angerville. Autrefois auberge Saint Léonard il a été depuis transformé en immeuble d'habitation.

En 1997, la statue est déposée et conservée en mairie. En 2008, en accord avec le Conseil Municipal, l'association décide de faire les démarches et les recherches nécessaires pour retrouver les éléments manquants de son histoire avant de la remettre en place. 

Les études vont se dérouler en quatre phases.

         En premier lieu, la recherche d'un éventuel propriétaire. Jean-Luc Preter et Jean-Pierre Garriot examinent les actes notariés et les titres de propriété des propriétaires successifs de cette maison. Un an de recherches sans résultat. Considérée comme simple élément de décoration, la statue n'est mentionnée dans aucun acte.

L'association demande alors aux membres du Conseil Municipal de reconnaitre officiellement la statue comme faisant partie du patrimoine communal. Cette décision est prise lors de la séance du 4 juin 2010. A partir de ce moment là, nous pouvons commencer à rechercher les origines de la statue.

En juillet 2010, Virginie Deschamps de Villiers sur Marne expertise la statue. Son compte rendu la définit comme "un buste d'homme barbu avec un turban caractérisant un personnage oriental tel que les artistes représentaient les personnages de l'ancien testament".

En grès rouge siliceux, haute de 31,5cm, elle mesure à sa base 32,5cm sur 24cm et pèse 20kg. Deux inscriptions sont gravées sur le coté gauche de sa base"1757" et "MAIPON" il semble qu'elle soit le réemploi d'une autre sculpture dont le sujet nous échappe. On peut considérer qu'elle ne représente pas Saint Léonard, moine bénédictin, qui portait la tonsure mais pas la barbe.

L'expertise permet de découvrir trois polychromies différentes sur la sculpture.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† La plus ancienne date de 1753. C'est celle d'origine. La plus riche √† la fois dans le d√©tail et dans la densit√© des couleurs. On trouve le bleu outremer sur le turban, le rose vif du visage. Les sourcils et la barbe sont noirs, le v√™tement est jaune p√Ęle rehauss√© de jaune vif dans sa partie sup√©rieure. La derni√®re couche date de 1960 environ, √©poque du ravalement de la maison. Il s'agit d'une peinture industrielle moderne de type glyc√©rophtalique. Elle pr√©sente quelques fantaisies comme le rajout d'un croissant de lune sur le turban, le bleu clair dans le blanc des yeux et des couleurs diff√©rentes sur les trois √©l√©ments du v√™tement. La deuxi√®me se situe donc entre ces deux dates sans qu'il soit possible d'√™tre plus pr√©cis. La polychromie est plus terne. Les pigments ne sont pas employ√©s purs probablement par souci d'√©conomie au vu de leur co√Ľt. Le bleu est utilis√© avec du blanc beaucoup moins on√©reux. Le turban est turquoise, l'√©charpe et la forme derri√®re le cou sont marron ainsi que les pupilles. Le visage est rose p√Ęle et les l√®vres roses vif. La barbe et les sourcils restent noirs.

Afin qu'aucun propriétaire de l'immeuble ne puisse en revendiquer la propriété, il reste à établir un acte notarié. Signé le 2 février 2012 avec le syndic de l'immeuble après modification du règlement de  copropriété, il permet l'inscription de la statue au patrimoine communal.

La dernière phase de ce projet peut enfin être menée à bien. La remise en place de la statue dans sa niche. Des protections antivol et anti humidité sont ensuite installées. Ce projet aura mit quatre ans à aboutir.

Cette sculpture ancienne ne pr√©sente pas de r√©elle valeur historique. Elle retrouve tout simplement sa place d'origine, l√† o√Ļ la fantaisie de nos anc√™tres l'avait install√©e il y a presque trois cents ans. ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† L√† o√Ļ des g√©n√©rations de Grangeois ont pu la contempler. L√† o√Ļ nous l'esp√©rons, elle pourra continuer son voyage dans le temps.¬†